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Découvrez le système scolaire français.
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Effectuer une partie de sa scolarité en France: Un rêve ou un cauchemar?
Deux jeunes Allemandes ont tenté l'aventure. Elles ont donné des interviews à
leurs camarades allemands.
Catrin a passé 4 semaines dans un internat à Bordeaux.
Robert: Comment t'es tu intégrée à la vie quotidienne?
Catrin: Bon, j'ai habité dans un internat où 32 filles étaient logées dans une grande salle de quatre personnes, dans un box. Comme je n'ai pas eu une chambre pour moi toute seule, j'ai été très vite intégrée à la vie quotidienne. Je suis partie avec les autres le matin, je suis rentrée avec elles le soir, j'ai mangé avec les élèves et j'ai participé à tous les cours. Je n'ai pas eu de privilèges, j'ai accepté toutes les règles de leur vie.
Robert: Qu'est-ce que tu penses du système scolaire français?
Catrin: Je trouve que l'école est plus dur en France qu'ici. Parfois les élèves ont cours de 8h du matin à 6h du soir avec une seule récréation d'une heure à midi. En plus les Français reçoivent beaucoup de devoirs et comme ça, ils n'ont plus le temps de rencontrer des amis ou de lire un livre, de faire du sport etc. Les élèves travaillent plus dur que les adultes. J'ai remarqué aussi qu'il y a moins de discussions à l'école française pendant les cours, par ex. en français, en histoire et dans les langues étrangères. Le prof parle et les élèves écrivent tout ce qu'il dit. Je trouve que les discussions à l'école sont importantes pour comprendre et pour se faire une opinion.
Robert: Qu'as-tu fait pendant ton temps libre et pendant les week-ends?
Catrin: Pendant mes heures libres je suis restée avec la classe et nous avons joué aux cartes. Les mercredis après-midi qui étaient libres je suis allée à Bordeaux, j'ai admiré sa belle architecture et une fois je suis allée au cinéma. Les musées m'ont beaucoup intéressée. Les soirs quand les internes étaient en «études», on était obligé d'être calme. Pendant ce temps j'ai écrit des lettres ou j'ai lu un livre.
Robert: Qu'est-ce que tu as vu d'intéressant pendant ton voyage?
Catrin: C'est le proviseur de l'école qui s'est beaucoup occupé de moi. Il m'a montré sa région pendant les week-ends. Comme ça j'ai visité beaucoup de villes. Il m'avait même invitée à un voyage en bâteau jusqu'à La Rochelle. C'était chouette. J'ai connu d'autres villes. Le pays basque avec ses maisons blanches, avec ses fenêtres rouges, m'a aussi plu. La région est vraiment pittoresque. Ce qui m'a vraiment impressionnée, c'était la dune du Pyla sur laquelle je suis montée. Sur la côte j'ai trouvé les Parcs à huîtres et les bâteaux de pêche. C'était magnifique.
Robert: Aujourd'hui, après ton retour à Berlin, comment vois-tu ton séjour en France?
Catrin: Je me suis sentie très bien en France. Les élèves sont plus ouverts que les Allemands. Ils m'ont très gentiment accueillie. Ils m'ont vite intégrée et traitée comme l'une d'eux, si bien qu'il était facile de ne pas avoir le mal du pays. J'aime bien me rappeler mon séjour en France. Tout était génial.
Franziska a passé quatre semaines dans une ville au sud de la France, pas loin de Toulouse.
Sebastian: Comment s'est passé ton séjour en France?
Franziska: J'aurais bien aimé rester là-bas. Déjà la différence entre le climat doux de là-bas et le nôtre a rendu mon départ difficile.
Katharina: Et où as-tu passé ton séjour en fait?
Franziska: J'étais à Auch qui est la capitale du Gers et de la Gascogne. Cette ville se trouve au sud de la France dans un paysage de collines et de vallons, pas loin de Toulouse et environ à 90km des Pyrénées.
Sebastian: Est-ce que tu y es allée seule? Comment étais-tu logée? En famille? Dans une auberge?
Franziska: J'y suis allée toute seule. À mon avis, il n'y a pas mieux pour apprendre la langue ou plutôt pour faire des progrès. Cette fois-ci j'ai eu l'occasion de loger à l'internat.
Katharina: Tu disais que tu as vécu à l'internat. Raconte un peu la vie quotidienne dans un tel établissement, s'il te plaît!
Franziska: Par où commencer? Alors, les matins une sonnerie terrible nous arrachait à nos rêves vers 6h45. Suivait une deuxième, dix minutes plus tard. À 7h on allumait la grande lumière principale. À vrai dire chacun pouvait décider à quelle heure il fallait se lever. Moi, je me levais à 7h15. Cela suffisait. Je me lavais et j'allais à la cantine pour prendre le petit déjeuner. Il y avait toujours des baguettes, de la confiture, du yaourt, des cornflakes et différentes boissons chaudes.
À 8h les cours commençaient. Un cours dure 55mn en France. Après le deuxième cours on avait une récré de dix minutes. De midi à 1h nous prenions le déjeuner.L'école finissait vers 17 ou 18h. Moi, je finissais le mardi et le jeudi à 18h et les autres jours à 16 ou 17h.
À 18 h on ouvrait les internats et il fallait qu'on reste calme pour une heure et qu'on fasse ses devoirs. Ensuite nous mangions le dîner à la cantine. Je trouve que les repas là-bas sont plus délicieux en comparaison de la «bouffe» de notre cantine scolaire. Il y avait un plus grand choix et j'ai toujours trouvé des choses que j'apprécie manger. À vrai dire ça coûte aussi plus cher - presque deux fois plus.
Après le dîner nous devions rester dehors jusqu'à 20h30. Le mardi et le jeudi on a regardé des vidéo. On avait le droit de regarder la télé. Quand les internats étaient de nouveau ouverts, vers 20h30, on continuait à faire ses devoirs, on se lavait et allait au lit. La grande lumière s'éteignait à 21h30 et alors la pionne (Aufseherin) se glissait dans les couloirs comme un renard en faisant attention que personne ne dise un mot.
Il y avait deux internats strictement séparés, l'un pour les filles et l'autre pour les garçons. Les garçons ont vraiment de la chance. Ils habitent dans des chambres à quatre tandis que chez les filles, l'arrangement ressemble à un hôpital militaire ou plutôt une écurie - pour chacun un box de 6m2 au maximum, avec un lit, une petite armoire et un petit bureau. Un rideau remplaçait la porte.
Juliane: On peut dire que ce n'était pas le grand luxe. En plus j'ai l'impression que tout était très réglé chez toi. Dans mon internat où j'ai séjourné pendant un mois, nous avions de grandes chambres et le soir nous bavardions jusqu'à minuit. Les filles et les garçons n'étaient pas séparés non plus. Est-ce que tu as eu des difficultés à t'intégrer?
Franziska: Je dois avouer que ma première semaine a été horrible. Avant tout j'avais le mal du pays. Il y a une grande différence entre un séjour en famille et dans un internat où tu ne connais personne. Dans une famille tu es tout de suite intégrée car elle a envie de te faire passer un moment inoubliable. À l'internat tu dois trouver tout seul ton chemin et il faut être actif!
J'ai eu vraiment de la chance parce que dans ma classe tout le monde s'est occupé de moi. Puis c'était aussi bien qu'une fille de ma classe habite à l'internat. Elle connaissait tout le monde et m'a présentée à ses amis. Comme ça je n'étais jamais seule. Je crois que c'est le secret: être courageux et sauter sur sa propre ombre. C'est une erreur de s'isoler. Il faut se demander pouquoi on a voulu faire un échange.
Katharina: Et les week-ends? Es-tu restée à l'internat?
Franziska: Non, je les ai passés dans différentes familles. Les week-ends étaient merveilleux parce que c'était la meilleure possibilité de parler, parler et parler. Et la chose qui compte le plus - j'ai trouvé de très bonnes nouvelles amies.
Juliane: Moi, j'ai passé les week-ends aussi en famille et ils m'ont fait connaître des spécialités régionales. Est-ce que c'était pareil chez toi?
Franziska: Comme les parents ont travaillé le samedi, nous sommes allés dans leurs maisons de vacances les week-ends et j'ai fait beaucoup de promenades. On m'a fait goûter le foie gras d'oie ou de canard qui est produit presque dans toutes les familles. Puis j'ai bu du vin régional, du Floc et de l'Armagnac, des vins blancs distillés. L'ail et la truffe blanche sont à tous les repas. Je sais maintenant que les Gascons sont très fiers que le héros d'Alexandre Dumas -
D'Artagnan, le serviteur de Louis XIV, fût un Gascon.
Sebastian: Est-ce que tu aurais envie d'y retourner encore une fois?
Franziska: Bien sûr. En ce qui concerne les amis, mes deux mains ne suffiraient pas pour dénombrer les gens qui attendent une lettre de moi. Ma classe m'a fait encore un goûter surprise à la fin de mon séjour et m'a offert des prunes en Armagnac avec un CD de Francis Cabrel. J'étais très touché et j'ai même pleuré de joie.
Katharina: Encore quelques questions sur l'école: En quelle classe es-tu allée? As-tu suivi tous les cours? As-tu toujours fait tes devoirs?
Franziska: J'ai fréquenté la Première, spécialisée en littérature. J'ai suivi tous les cours et j'ai essayé de faire tous les devoirs et j'ai participé aussi aux dissertations et aux contrôles.
Sebastian: Et combien de temps libre as-tu eu?
Franziska: En principe j'étais seulement libre le mercredi après-midi et les week-ends. J'ai visité toute la ville, ça veut dire les monuments et j'ai travaillé au C.D.I. (Centre Documentaire d'Information - une bibliothèque à l'école). Une fois j'étais au ciné avec une copine. Le vendredi après l'école nous avons joué au billard. Je me suis très bien amusée.
Juliane: Et préfères-tu le système scolaire en France ou en Allemagne?
Franziska: J'ai constaté que le système scolaire français est très dur. On n'a pas de temps libre pendant la semaine. Quand on rentre, il faut faire les devoirs et en principe on ne peut pas se reposer du tout. Le mercredi, c'est la même chose. Après l'école on reste au C.D.I. pour préparer des exposés et faire des recherches. Ça prend énormément de temps. Je ne trouve pas ça très nécessaire. Bon, moi je finis en Allemagne à 15h et je rentre vers 15h45. Puis je dois faire mes devoirs mais j'ai quand même du temps pour me relaxer et aussi pour m'occuper de mes hobbies. Et je crois que c'est important. Je sais que tout n'est probablement qu'une question d'habitude.
D'autre part j'ai remarqué qu'on a plus de temps pour se consacrer aux problèmes des élèves pendant les cours et le but du prof est le plus souvent d'essayer de faire comprendre la matière à tout le monde. Chez nous c'est plutôt le problème de l'élève. Bien sûr je ne peux pas généraliser. Ça dépend des profs. Bref, il y a du pour et du contre. D'ailleurs j'ai entendu parler d'un projet en France où on veut introduire le «demi-jour» scolaire. Mais la différence est que les élèves devront rester l'après-midi à l'école où on leur donnera la possibilité de faire du sport ou d'autres activités.
Juliane: Finalement j'aimerais bien savoir pourquoi tu as fait cet échange. Avais-tu des idées particulières? En es-tu contente?
Franziska: J'adore ce pays, sa langue et ses gens. J'aimerais bien savoir parler le français parfaitement et c'est pourquoi j'y suis allée. C'était déjà mon deuxième échange et je trouve que les Français du sud sont encore plus ouverts que ceux de la région parisienne. Ils vivent encore plus décontractés. Pour eux, c'est surtout la famille, encore une fois la famille, la maison et une voiture (ce qui est très important à la campagne pour être indépendant) qui comptent le plus. Ce n'est pas l'argent.
J'ai trouvé beaucoup d'amis et c'était très intéressant de faire la connaissance d'autres coutumes. L'accent du sud m'a plu. Ils ne prononcent pas les nasales.
Sebastian: Oui, je l'ai remarqué aussi quand j'étais dans les Pyrénées. Parfois c'est dur de les comprendre.
Franziska: Je songe à travailler un certain temps en France après mon bac.

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